Neuve Invention

« La notion d’art brut doit être regardée seulement comme un pôle. Il s’y agit de formes d’art moins tributaires que d’autres des conditionnements culturels… », ainsi fut établi par Jean DUBUFFET le Catalogue de la Collection de l’art brut et qui ne retenait que les travaux vraiment significatifs, « en excluant un grand nombre d’œuvres moins nettement caractérisées, …dues à une centaine d’auteurs différents. »

Le parti était pris de verser ces dernières œuvres, plus éloignées du pôle de l’art brut, dans un fonds distinct, provisoirement intitulé Collection annexe, avec le projet d’en établir un catalogue séparé, afin de prévenir toute confusion. Jean DUBUFFET s’est vivement intéressé à cette production inassimilable par le système, et il s’est mis à acquérir des travaux destinés cette fois délibérément à la Collection annexe – collection qui, dès lors, cessait de servir simplement à la relégation des cas inclassables et qui allait prendre une signification positive. Aussi bien, pour marquer cette valorisation, DUBUFFET a-t-il résolu, en 1982, de donner à cette collection le nom de Neuve Invention, désignant ainsi des œuvres qui, sans procéder de la rupture mentale radicale des auteurs d’art brut proprement dits, étaient assez indépendantes du système des beaux-arts pour créer une sorte de porte-à-faux ou de contestation culturelle et institutionnelle.

La collection Neuve Invention a mis en évidence un malaise généralisé et a ouvert une brèche, si ténue soit-elle, dans le barrage institutionnel.

D’après le livre de Michel THEVOZ « Neuve Invention » – Collection de l’art brut